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004

Rétronomie

次 127

Cold Cave Love Comes Close (Matador/Beggars) Beaucoup en rêvaient, eh bien Cold Cave l’a fait. Réussir la chanson quasi parfaite mixant Joy Division et New Order. Elle se nomme “Love Comes Close” et figure en bonne place sur le premier album de ce groupe américain, paru

Qui faisait sensation il y a dix ans dans les pages de Tsugi ? Qui publiait des disques incontournables ? Coup d’œil dans le rétro avec des extraits de notre numéro 24 (novembre 2009), garantis 100 % vintage.

TurziB (Record Makers) Remercions Joakim, Krikor ou Koudlam pour leur entreprise d’élévation du dancefloor. Parmi ces francs-tireurs, on peut ajouter le jeune Versaillais Turzi qui, avec son premier album A, initiait une vague psyché française aux côtés de Zombie Zombie. Ambitieux, le revoici avec B, deuxième volet d’une trilogie. Enregistré entre la Corse et Paris, B abandonne le psychédélisme pour le terrorisme noise, plus rock que kraut, flirtant avec le métal et le drone, délaissant les vapeurs narcotiques des débuts. En opérant une véritable révolution industrielle dans son palais mystico-hypnotique, Turzi réalise la synthèse entre le divertissement et l’intransigeance des pionniers de l’électronique française intelligente.

en autoproduction et immédiatement épuisé d’où cette nouvelle sortie sur un “gros” label, succès oblige. On comprend le pourquoi d’un tel plébiscite à l’écoute des somptueux “The Laurels Of Erotomania” ou “The Trees Grew Emotions And Died”, merveilles de dark-synth pop. Ce disque court (30 minutes) s’écoute comme la carte de visite d’un groupe qui sait parfaitement capter l’air d’un temps sous influences Millenium et Twilight. Idéal pour danser dans le noir.

Danton Eeprom Yes Is More (Fondation/InFiné) La pochette donne le ton : décalage et élégance. Yes Is More, premier album de Danton Eeprom, intrigue par ses idées larges et son inspiration multiple, reflétant ainsi la polyvalence et l’identité musicale ambiguë du Marseillais, à mi-chemin entre l’énergie du clubbing et un certain dandysme pop à l’ancienne. C’est d’ailleurs ce dernier qui jaillit dès le premier morceau “Thanks For Nothing”, grand moment de pop distinguée. Ailleurs, comme

Jamie Llyod Beware Of The Light (Future Classic) Figure de la petite scène deep et house rassemblée autour du club Mad Racket de Sydney, l’Australien Jamie Llyod possède un petit brin de voix sympathique, au flow cool et nonchalant, entre soul blanche et downtempo sexy. Mais ce sont ses titres dancefloor qui emportent immédiatement l’adhésion. Construite autour de percussions imaginatives et de folles trouvailles rythmiques, de basses sismiques et d’accords de claviers qui rappellent les grandes heures du P-funk, sa house mélodieuse, qui vire parfois à l’épopée sonore, apporte une sacrée modernité au genre vieux de plus de 20 ans. Amateurs de Metro Area ou Âme, ce disque est pour vous.

par goût du contraste, il brise soudain le rythme et retrouve son rôle de producteur d’électro-house inspiré. Au final, Yes Is More, œuvre hétéroclite et paradoxale, exclut Danton Eeprom de toute catégorie.

KoudlamGoodbye (Pan European) On ne sait pas grand-chose du Français Koudlam (certains parlent d’origines mexicaines, d’autres disent qu’il serait né il y a 39 ans à Abidjan), mais après un premier disque forçant le respect (Live At Teotihuacán, soit le lieu où l’on devient dieu), son deuxième album ne fera pas de sitôt ses adieux à notre platine. Inventant quelque chose comme la world music de l’an 3000, ce passionné d’entropie et de ruines construit ses mélodies avec minutie, mêle techno décharnée, BO de films inexistants, prog-rock et opéra, réalisant une symphonie qui tend à une certaine perfection. Des notions un peu oubliées en “musique sur ordinateur” qui font de Goodbye une œuvre rare tendant au mystique.

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